Une autre Europe, ma contribution

24/09/2010 13:02 par dlr14ème_62

  • Une autre Europe, ma contribution

    Une autre Europe, ma contribution

    24/09/2010 13:02 par dlr14ème_62

Après avoir résumé les griefs que l’on peut faire à la construction européenne telle qu’elle est conçue aujourd’hui, puis considéré que l’Europe peut être utile pour la France, il est important de détailler un peu plus ce que pourrait être une autre Europe.
Une Union des Etats Européens (UEE)
Les mots ont un sens. Le passage de la Communauté Economique Européenne à l’Union Européenne marquait un virage vers plus d’intégration, en dépassant le simple cadre économique. Il est frappant de noter que dans le choix des acronymes européens, nulle référence n’est faite aux Etats, comme si la construction européenne devait forcément dissoudre les nations qui la composent. C’est pourquoi il me semble crucial que le prochain acronyme y fasse référence.
Dans la construction telle que je l’imagine, la souveraineté des Etats n’est jamais remise en question. L’UEE n’est animée que par un secrétariat (sur le modèle des Nations Unies), qui assure simplement la coordination des politiques européennes et nationales. Ce secrétariat est composé du ministre des affaires européennes de chaque pays, qui siège pour moitié dans son gouvernement et pour moitié au sein de cette nouvelle instance européenne, basée à Rome.
Ce secrétariat remplace avantageusement la Commission Européenne pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la structure est beaucoup plus légère. Ensuite, il ne s’agit pas d’un embryon de gouvernement technocratique mais simplement d’un organe de coordination politique. On peut imaginer que chaque secrétaire se voit confier un domaine où il coordonne les réunions des ministres européens concernés (agriculture, finance…).
A minima, les grands pays (France, Allemagne, Italie, Espagne, Grande-Bretagne et Pologne) ont un droit de veto ou de retrait sur toute politique communautaire de manière à respecter leur souveraineté, y compris sur la question des normes. La cour de justice est supprimée puisque le droit européen n’est pas supérieur au droit national. Le parlement peut être conservé (à Strasbourg uniquement), comme une Assemblée consultative représentant les différents parlements.
Une Europe à la carte
Le deuxième changement fondamental est de passer d’une logique normative et unificatrice globale à une logique de coopérations souples et à géométrie variable. L’adhésion à l’UEE n’implique aucune obligation hormis, éventuellement une politique de développement visant à aider les pays les moins avancés ou l’adhésion à un système monétaire. Les Etats peuvent choisir un menu à la carte (monnaie, agriculture, industrie…) en fonction de leur souhait, et pour une durée déterminée.
Ainsi, chaque projet (qui peut être entrepris à 2 comme à 27) implique la création d’une agence pour une période donnée, un financement donné avec les pays volontaires. Ces agences peuvent soit fonctionner à l’unanimité, soit reconnaître, a minima, un droit de veto pour les grands pays. Ainsi, l’Europe pourrait accoucher de deux agences différentes pour développer la géothermie si les pays ne parviennent pas à se mettre d’accord. Le meilleur l’emportera.
Une telle construction présente le double avantage de parfaitement respecter les souverainetés nationales, puisque chaque pays participe à ce qu’il souhaite, et pour une durée fixe, tout en favorisant les coopérations européennes, dont l’initiative est beaucoup plus facile qu’aujourd’hui. En quelques semaines, quelques Etats peuvent lancer une initiative sur n’importe quelle question, que ce soit la réglementation bancaire ou le développement d’un successeur du Concorde.
Cette structure est également le moyen pour les grands pays d’éviter les blocages. Pour la réforme de la finance, la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne peuvent seules, lancer une Zone Européenne Financière cloisonnée et bien régulée, sans avoir à faire de compromis avec le Luxembourg ou la Grande-Bretagne. La taille de cette zone lui assurerait un poids qui pousserait les autres pays à la rejoindre sous peine de rester en marge du principal marché financier européen…
Bref, ce n’est pas parce qu’on est radicalement opposé à l’Europe d’aujourd’hui ou partisan sourcilleux de la souveraineté nationale qu’il n’est pas possible d’imaginer un projet européen, mais respectueux des Etats. C’était ce que le Général de Gaulle avait tenté de faire avec le plan Fouchet…
Laurent Pinsolle 

Ici rien de nouveau

23/09/2010 21:20 par dlr14ème_62

  • Ici rien de nouveau

    Ici rien de nouveau

    23/09/2010 21:20 par dlr14ème_62

Après l’intervention de la municipalité dans la Voix du Nord, notre comité reste dubitatif quand à la volonté de changement et la capacité  de ces élus à relancer notre ville. En effet, rien de nouveau sous les tristes cieux héninois. Les projets concernant le secteur de Jean Macé et Darcy ne datent pas d’hier. L’ancienne municipalité en avait déjà fait une étude de faisabilité qui est resté ensuite dans les cartons. Idem pour la reprise de l’entretien de l’Eglise St Martin qui est classée au patrimoine depuis une dizaine d’années. La commune ne fait que répondre à une obligation imposée par l’Etat. En revanche, les responsables de la commune restent assez laconiques sur les suites du grand projet à venir qu’est le tramway. Nous nous étonnons de voir également dans cette interview, qui devait être celle du 1er magistrat, l’intervention quasi – constante d’un fonctionnaire connu dans le passé pour ses positions pro – Dalongeviliennes, positions qui lui auront permises d’accéder à ses responsabilités actuelles. Ce monsieur semble jouer le rôle d’un maire bis ou d’un maire 2, comme vous voudrez. Cela semble très révélateur hélas du manque d’envergure de nos élus, phénomène très ancien dans notre commune qui n’a hélas pas vu émerger un grand Maire depuis Jacques Piette.  Nous reprochons également la gestion autarcique de l’actuelle équipe qui semble ne pas tenir compte des avis extérieurs. Enfin nous remarquons à nouveau cette propension à vouloir toujours se défausser des carences municipales sur le petit personnel. Les dernières affaires relayées par la presse et les blogs dernièrement,  illustrant une nouvelle fois ce type de comportement. Car ne nous y trompons pas ! S’il y a eu des erreurs commises dans la gestion municipale ces dernières années, celles – ci auront été permises par la tacite complicité de cadres, dont beaucoup sont toujours en place aujourd’hui. C’était à eux de partir… La nouvelle équipe municipale, très vite anesthésiée par ces illusionnistes, en aura décidée autrement. Et Hénin Beaumont continu à pâtir de leur manque de compétence ! 

De grâce réveillez vous messieurs les élus !  

 

Le comité local DLR

Discussion générale sur la réforme des retraites : rappel de l’intervention de Nicolas Dupont-Aignan à la Tribune de l’Assembleé Nationale

23/09/2010 20:29 par dlr14ème_62

  • Discussion générale sur la réforme des retraites : rappel de l’intervention de Nicolas Dupont-Aignan à la Tribune de l’Assembleé Nationale

    Discussion générale sur la réforme des retraites : rappel de l’intervention de Nicolas Dupont-Aignan à la Tribune de l’Assembleé Nationale

    23/09/2010 20:29 par dlr14ème_62

Reforme des Retraites Discussion Générale Séance du 8 Septembre 2010 à 15h00 Mes Chers Collègues,
Les Français savent qu’il faut une réforme des retraites, mais, à juste titre, ils doutent de la vôtre et ce pour deux raisons :
Il n’y aura pas de réforme réussie sans s’attaquer vraiment au chômage de masse qui gangrène notre pays.
Il n’y aura pas de réforme réussie qui ne soit simple et juste.
Quand comprendra-t-on tout d’abord, que les déficits des comptes sociaux s’expliquent principalement par le chômage de masse qui gangrène notre pays ? 20 ans de ce Munich économique et social que décrivait de façon prémonitoire notre très regretté Philippe Seguin.
Au risque de vous choquer, l’enjeu ce ne sont pas les retraites.
L’enjeu c’est la compétitivité du pays.
Face à une voiture dont le moteur a des ratés, que fait le bon garagiste ? Il allège la voiture en enlevant les accessoires ou il s’attaque à l’essentiel, il répare le moteur.
Avec 500 000 chômeurs de moins, le problème des retraites est déjà en partie résolu. D’autant, et c’est important de le rappeler, que nous avons la chance en France d’avoir une démographie dynamique qui garantit la pérennité de la répartition.
Mais s’attaquer à la compétitivité du pays, de ses entreprises, c’est oser briser des dogmes :
La TVA sociale, seul moyen de baisser les charges que refuse la gauche La baisse de l’IS pour les entreprises qui investissent en France La mise au pas du secteur bancaire pour qu’il finance nos PME au lieu de les vampiriser Et puis le dogme de l’Euro qui nous asphyxie, le dogme du libre échange déloyal.
On peut faire toutes les réformes de retraite possible, sans relance de l’emploi, il n’y aura pas d’issue.
Nous nous retrouverons ici pour nous chamailler sur la répartition du gâteau alors que nous devrions nous unir pour le faire grossir.
Mais il n’y aura pas de réforme réussie si elle n’est pas juste et lisible, en un mot légitime.
Si je comprends et je soutiens votre volonté de passer à 62 ans le départ à la retraite, je ne pourrai jamais approuver la prolongation de 65 à 67 ans pour la fin de la décote.
Un journal récent nous disait que cette mesure rapportait 4 milliards d’Euros. Mais a-t-on imaginé le coût pour la société de ces centaines de milliers de retraités qui vont se retrouver dans une situation misérable ?
Je pense aux femmes qui n’ont pas de carrière complète, je pense aux plus modestes.
Et au même moment, aucun effort réel n’est demandé aux plus aisés et aux revenus du capital. Une taxation plus nette des stock-options, un effort des plus riches, permettraient de compenser la suppression de cette mesure inique, indigne et inefficace. Et que l’on ne nous dise pas que les autres pays en tireraient profit ; l’Angleterre et l’Allemagne ont considérablement durci la fiscalité des plus aisés.
Les Français savent qu’il faut fournir un effort mais ils ne comprennent pas pourquoi toujours ce deux poids, deux mesures qui s’apparente à un clientélisme de classe.
Alors, que devrait être cette vraie réforme, cette modernisation, de la retraite par répartition ? Reporter à 62 ans l’âge minimum du départ à la retraite pour tenir compte de l’augmentation de l’espérance de vie, pourquoi pas, mais en veillant à ne pas reporter le seuil de la retraite, sans décote, à 67 ans, en faisant aussi ce qu’il faut pour assurer l’emploi des seniors, et en instituant une réelle prise en compte de la pénibilité, par métier. Mais il faudrait aller encore plus loin :
Unifier les régimes public / privé. Instaurer un système à points sur le modèle suédois en le mettant en place progressivement, comme l’a fait l’Italie. Sans oublier une contribution plus juste des très hauts revenus et patrimoines, dont l’augmentation a été exponentielle ces dernières années.
En définitive, cette réforme a plus pour objet de servir de marqueur idéologique pour la droite comme pour la gauche.
Malheureusement pour les Français, ce ne sont pas ces fausses postures qui vont résoudre les problèmes.
L’enjeu est tout autre : relancer la croissance, rétablir la justice sociale.
L’effort de tous au profit de tous.
NDA

Une réforme, oui, mais une réforme injuste, non !

23/09/2010 20:23 par dlr14ème_62

  • Une réforme, oui, mais une réforme injuste, non !

    Une réforme, oui, mais une réforme injuste, non !

    23/09/2010 20:23 par dlr14ème_62

Alors que la journée de mobilisation contre la réforme des retraites bat son plein, Debout la République rappelle que les Français sont prêts à la réforme, mais pas à une réforme inefficace, qui pénalise le plus grand nombre au profit des plus favorisés. Ce projet gouvernemental, qui semble dicté par Moody’s & Co, est tout bonnement inacceptable car il menace profondément la cohésion sociale de notre pays telle que l’a mise en place le Conseil National de la Résistance à la Libération. Le gouvernement a tenté de brouiller les pistes avec une fausse concertation mais tous ses faux-fuyants ont échoué. Il apparaît désormais très clairement que le passage de 65 à 67 ans pour une retraite à taux plein est inacceptable, puisqu’il va toucher de plein fouet les salariés les plus exposés et les plus fragiles - au premier rang desquels les femmes - les plongeant par dizaines de milliers dans la misère.
Mais alors, comment réformer les retraites ?
Debout la République expose ses propositions.
Avec la publication du rapport du COR, la question des retraites a pris une tournure biaisée. Disons-le tout net, ce rapport est absurde et constitue une approche inappropriée de la réforme des retraites. Les projections du COR sont absurdes car elles anticipent à 40 ans de distance ce que serait, à rythme de croissance constant, l’ampleur des déficits du régime de retraite. Ce faisant, on inscrit dans le marbre sur une période beaucoup trop longue les difficultés qui sont justement la cause, dans la France de ce début de XXIème siècle, de l’insuffisance de création de richesse, première cause du déséquilibre des caisses de retraite.
En cherchant ainsi à noircir le tableau pour imposer une réforme obligatoirement injuste, on dramatise la situation, comme en témoigne l’ampleur bien moins importante qu’on veut le dire du « trou » des retraites aujourd’hui – moins de 10 milliards de déficit à rapporter aux 250 milliards d’euros et plus versés chaque année sous forme de pensions ! La conséquence de cette irresponsable dramatisation n’est que trop prévisible : des Français encore plus inquiets, augmentant leur épargne et diminuant leur consommation, engluant davantage encore la France dans la récession.
Bref, on se résigne à partager le « gâteau » d’une richesse nationale stagnante en parts toujours plus petites, au lieu de le faire grossir pour maintenir des niveaux de pension corrects. Le tout sans voir l’effet dépressif de long terme ainsi généré sur l’économie française qui risque bel et bien, au final, d’entraîner le pays dans une spirale de paupérisation absolue et de transformer les prévisions du COR en prophétie auto-réalisatrice…
La vraie urgence est de faire grossir le « gâteau » en créant des emplois par le rétablissement de la compétitivité française, seul moyen de vaincre par le haut le déficit structurel des retraites. Cela signifie une politique d’électrochoc à laquelle se refusent les élites. Cela implique une action au niveau national et au niveau européen :
Au niveau national
la baisse de l’impôt sur les sociétés pour les entreprises qui réinvestissent leurs bénéfices ;
la forte baisse des charges sociales : si on avait engagé les 18 milliards annuels de la loi TEPA pour aider les PME à investir, on n’en serait pas là aujourd’hui ! ;
la création, comme en Allemagne, d’une « TVA sociale » partielle, mettant progressivement à contribution les produits importés au financement de la protection sociale et diminuant, à terme, de 25% de coût net des biens français à l’export ;
la remise en cause de l’oligopole bancaire dont les abus tarissent l’investissement dans l’économie productive.
Au niveau européen
la sortie de l’euro pour dévaluer la monnaie et relancer l’économie française ;
la lutte contre le libre échange déloyal des pays émergents, Chine en tête, à l’origine de la perte de substance économique de la France (charrettes des délocalisations et des « plans sociaux ») ;
l’incitation à acheter les produits « fabriqué en France » pour mobiliser les Français autour de leur économie et responsabiliser leurs achats,…
Cette liste de mesures, non-exhaustives, provoquerait un vrai redressement de l’économie française, transformant le dynamisme démographique de notre pays - aujourd’hui un handicap avec des millions de bras inactifs - en véritable atout, faisant fondre les déficits et les dépenses « d’infirmerie sociale » tout en augmentant parallèlement les recettes.
Une telle évolution serait probablement susceptible de résoudre l’effet de ciseaux apparemment inextricable qui menace aujourd’hui la retraite par répartition : de plus en plus de pensionnés face à un volume structurellement insuffisant de cotisants.
Bien évidemment, la priorité donnée au rétablissement de la compétitivité n’interdit pas en parallèle le lancement d’une réforme sérieuse des retraites, en prenant le temps d’aboutir à des mesures transparentes et consensuelles, garantes de justice et donc d’efficacité.
Il s’agirait alors :
d’unifier les régimes publics / privés,
d’instaurer une retraite-plancher sur le modèle suédois (empêchant la paupérisation des retraités modestes),
de moduler l’âge légal de départ en fonction de la pénibilité (prenant ainsi en compte la hausse de l’espérance de vie), par exemple dans le cadre d’un système de retraites à points calqué sur le modèle suédois (plus juste, plus transparent et plus rationalisé que son homologue français),
de créer une contribution plus juste des revenus du capital au financement des caisses, avec la création d’une taxe Tobin et d’une taxe sur les banques,
d’allonger progressivement la durée de cotisation pour tenir compte de l’allongement de la durée de vie, dès lors (et dès lors uniquement) que le taux d’activité des seniors augmentera substantiellement et permettra ainsi de rendre viable cette évolution. C’est une mesure de loin préférable à la fin de la retraite à 60 ans, qui pénalisera ceux qui ont débuté très tôt leur vie active, souvent dans des métiers pénibles.
On le voit, il s’agirait rien moins que de refonder le pacte social de la Libération à l’aune des évolutions sociologiques lourdes de la France de ces 60 dernières années, non pas de le démanteler comme cherche en réalité à le faire une réforme qui ne dit pas son nom.

NDA sur la voix est libre

23/09/2010 14:13 par dlr14ème_62

  • NDA sur la voix est libre

    NDA sur la voix est libre

    23/09/2010 14:13 par dlr14ème_62

http://www.dailymotion.com/video/xexchw_la-voix-est-libre_news

Une autre Europe : en-a-t-on seulement besoin ?

23/09/2010 14:07 par dlr14ème_62

  • Une autre Europe : en-a-t-on seulement besoin ?

    Une autre Europe : en-a-t-on seulement besoin ?

    23/09/2010 14:07 par dlr14ème_62

Le point sur le constat ne portait pas trop à débat. Il est assez largement partagé par les alternatifs. Mais il y a une question plus délicate : celle de l’utilité de l’Europe. Certains commencent à douter de l’idée d’Europe même, qu’ils remettent totalement en question.

Le mythe de l’impuissance des nations

C’est une des réussites de l’entreprise de démolition des Etats-nations que d’avoir fait passer le message que le monde était désormais trop vaste pour nos petites nations. Beaucoup de nos compatriotes ont fini par accepter cette théorie qui conduit inéluctablement au besoin d’Europe pour pouvoir agir sur notre destin. Pourtant, comme le soutient Frédéric Lordon « en appeler au gouvernement mondial est le plus sûr moyen d’avoir la paix –entendre – pas de gouvernement du tout ».

On le voit de plus en plus, ce n’est pas le transfert du pouvoir vers de grands ensembles supranationaux qui permet une quelconque prise des citoyens sur leur vie. Au contraire, ce transfert organise leur absence d’influence sur le cours des choses. En réalité, les Etats-nations restent clairement le meilleur moyen pour les peuples d’agir sur leur destin, mais à la condition fondamentale de garder des frontières, qui leur permettent alors de garder une autonomie politique.

Par exemple, lors de la crise asiatique des années 90, la Malaisie a choisi de restaurer un contrôle des mouvements de capitaux contre l’avis du FMI. Cela lui a permis d’éviter la potion amère imposée par le Fonds aux autres pays et d’éviter un désastre économique, tout comme la Chine qui n’avait pas (et n’a toujours pas) levé toutes les restrictions aux mouvements de capitaux. Enfin, la Corée du Sud maintient des barrières assurant que 95% des voitures vendues sont produites localement.

Les cas de la Malaisie et de la Corée du Sud sont intéressants car il s’agit de pays nettement moins riches que la France, ce qui montre qu’il est parfaitement possible, encore aujourd’hui, y compris pour des pays bien intégrés dans l’économie mondiale, de mener des politiques autonomes. Mais cela est rendu possible par l’existence de frontières car il est évident qu’en abandonnant tout frontière (commerciale, humaine ou financière), alors l’Etat perd une grande partie de sa capacité d’action.

L’apport de l’Europe

Mais malgré tout, l’Europe peut apporter quelque chose à la France. En effet, plusieurs centaines de millions d’habitants pèseront toujours un peu plus que soixante-cinq, à la condition bien sûr que le grand ensemble aille dans la même direction et repose sur une véritable légitimité. Aujourd’hui, s’il serait possible d’introduire une taxe Tobin en France en restreignant les mouvements de capitaux à nos frontières du fait du montant élevé de l’épargne des Français, la finance européenne s’en remettrait.

En revanche, si la France arrivait à monter une Zone Européenne Financière avec l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne, alors, c’est bien la face de la finance européenne et possiblement mondiale qui serait transformée. Bien sûr, cela ne se fera jamais avec la construction européenne telle qu’elle est conçue aujourd’hui, mais l’échelle européenne apporte une possibilité d’action supplémentaire. De même, si nous voulions créer un successeur au Concorde, l’hexagone serait peut-être un peu limité.

D’un point de vue commercial, la France peut, seule, introduire de nombreux éléments protectionnistes à travers la fiscalité (TVA sociale, taxe verte…). D’un point de vue monétaire, en reprenant notre autonomie, nous pourrions également recourir à la monétisation et mener une politique conforme à nos intérêts. Mais, là encore, la coordination européenne (dans une forme radicalement différente, j’y reviendrai demain) nous permettrait sans doute d’aller plus loin.

En effet, on peut imaginer qu’il ne serait possible qu’à l’échelle du continent de revenir à des parités fixes par rapport aux grandes monnaies internationales alors que la France seule aurait du mal à le faire pour le franc. L’Europe est aussi le bon échelon pour mettre fin au privilège du dollar. De même, la mise en place d’un protectionnisme régional prenant en compte les différences salariales, si elle n’est pas impossible à l’échelle nationale, serait sans doute plus facile à une échelle continentale.

Bref, si je crois qu’aujourd’hui, pour peu que la France rétablisse ses frontières, notre pays a encore une immense capacité d’action sur son destin, je pense que l’échelle européenne peut encore nous apporter une possibilité d’action supplémentaire et qu’en cela, nous avons besoin de l’Europe.

Je reviendrai demain sur l’architecture institutionnelle de cette nouvelle Europe.

Laurent Pinsolle

Une autre Europe : en-a-t-on seulement besoin ?

23/09/2010 14:07 par dlr14ème_62

  • Une autre Europe : en-a-t-on seulement besoin ?

    Une autre Europe : en-a-t-on seulement besoin ?

    23/09/2010 14:07 par dlr14ème_62

Le point sur le constat ne portait pas trop à débat. Il est assez largement partagé par les alternatifs. Mais il y a une question plus délicate : celle de l’utilité de l’Europe. Certains commencent à douter de l’idée d’Europe même, qu’ils remettent totalement en question.

Le mythe de l’impuissance des nations

C’est une des réussites de l’entreprise de démolition des Etats-nations que d’avoir fait passer le message que le monde était désormais trop vaste pour nos petites nations. Beaucoup de nos compatriotes ont fini par accepter cette théorie qui conduit inéluctablement au besoin d’Europe pour pouvoir agir sur notre destin. Pourtant, comme le soutient Frédéric Lordon « en appeler au gouvernement mondial est le plus sûr moyen d’avoir la paix –entendre – pas de gouvernement du tout ».

On le voit de plus en plus, ce n’est pas le transfert du pouvoir vers de grands ensembles supranationaux qui permet une quelconque prise des citoyens sur leur vie. Au contraire, ce transfert organise leur absence d’influence sur le cours des choses. En réalité, les Etats-nations restent clairement le meilleur moyen pour les peuples d’agir sur leur destin, mais à la condition fondamentale de garder des frontières, qui leur permettent alors de garder une autonomie politique.

Par exemple, lors de la crise asiatique des années 90, la Malaisie a choisi de restaurer un contrôle des mouvements de capitaux contre l’avis du FMI. Cela lui a permis d’éviter la potion amère imposée par le Fonds aux autres pays et d’éviter un désastre économique, tout comme la Chine qui n’avait pas (et n’a toujours pas) levé toutes les restrictions aux mouvements de capitaux. Enfin, la Corée du Sud maintient des barrières assurant que 95% des voitures vendues sont produites localement.

Les cas de la Malaisie et de la Corée du Sud sont intéressants car il s’agit de pays nettement moins riches que la France, ce qui montre qu’il est parfaitement possible, encore aujourd’hui, y compris pour des pays bien intégrés dans l’économie mondiale, de mener des politiques autonomes. Mais cela est rendu possible par l’existence de frontières car il est évident qu’en abandonnant tout frontière (commerciale, humaine ou financière), alors l’Etat perd une grande partie de sa capacité d’action.

L’apport de l’Europe

Mais malgré tout, l’Europe peut apporter quelque chose à la France. En effet, plusieurs centaines de millions d’habitants pèseront toujours un peu plus que soixante-cinq, à la condition bien sûr que le grand ensemble aille dans la même direction et repose sur une véritable légitimité. Aujourd’hui, s’il serait possible d’introduire une taxe Tobin en France en restreignant les mouvements de capitaux à nos frontières du fait du montant élevé de l’épargne des Français, la finance européenne s’en remettrait.

En revanche, si la France arrivait à monter une Zone Européenne Financière avec l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne, alors, c’est bien la face de la finance européenne et possiblement mondiale qui serait transformée. Bien sûr, cela ne se fera jamais avec la construction européenne telle qu’elle est conçue aujourd’hui, mais l’échelle européenne apporte une possibilité d’action supplémentaire. De même, si nous voulions créer un successeur au Concorde, l’hexagone serait peut-être un peu limité.

D’un point de vue commercial, la France peut, seule, introduire de nombreux éléments protectionnistes à travers la fiscalité (TVA sociale, taxe verte…). D’un point de vue monétaire, en reprenant notre autonomie, nous pourrions également recourir à la monétisation et mener une politique conforme à nos intérêts. Mais, là encore, la coordination européenne (dans une forme radicalement différente, j’y reviendrai demain) nous permettrait sans doute d’aller plus loin.

En effet, on peut imaginer qu’il ne serait possible qu’à l’échelle du continent de revenir à des parités fixes par rapport aux grandes monnaies internationales alors que la France seule aurait du mal à le faire pour le franc. L’Europe est aussi le bon échelon pour mettre fin au privilège du dollar. De même, la mise en place d’un protectionnisme régional prenant en compte les différences salariales, si elle n’est pas impossible à l’échelle nationale, serait sans doute plus facile à une échelle continentale.

Bref, si je crois qu’aujourd’hui, pour peu que la France rétablisse ses frontières, notre pays a encore une immense capacité d’action sur son destin, je pense que l’échelle européenne peut encore nous apporter une possibilité d’action supplémentaire et qu’en cela, nous avons besoin de l’Europe.

Je reviendrai demain sur l’architecture institutionnelle de cette nouvelle Europe.

Laurent Pinsolle

Une association humaniste : « Terre de liens, la Foncière »

23/09/2010 10:17 par dlr14ème_62

  • Une association humaniste : « Terre de liens, la Foncière »

    Une association humaniste : « Terre de liens, la Foncière »

    23/09/2010 10:17 par dlr14ème_62

Nous tenions à mettre à l’honneur une association dont le projet nous a particulièrement séduit, tant il s’écarte du modèle économique classique ultra – libérale, un modèle nuisible à l’agriculture française sur un très court terme.  L’originalité de cette association réside dans le fait  qu’elle  a pris en charge un portage collectif de la propriété, rejetant toute spéculation et basant ses principes sur une épargne solidaire tournante. A l’aide d’une épargne citoyenne, l’association soustrait des terres aux marchés spéculatifs et les protège définitivement puisqu’elles ne seront plus à vendre. Elles seront ensuite utilisées successivement par des locataires responsables. Le but étant que l’usage prime sur la propriété et d’empêcher ainsi la pression financière et économique incompatible avec la pérennité des usages de ce bien commun que constitue la terre. Toutefois, la « Foncière Terre  de liens» n’a pas pour vocation de supprimer les acteurs privés, ni de se substituer aux pouvoirs publics. Elle joue simplement un rôle, certes modeste, mais non négligeable dans la nécessaire évolution des rapports de l’homme avec la terre. La finalité étant d’amener l’ensemble des acteurs à modifier les règles de gestion du foncier pour préserver la terre agricole. A noter la participation de la NEF , une banque éthique que beaucoup de banques cupides devraient prendre pour exemple, afin de réapprendre les fondamentaux d’un métier qu’ils ont dénaturé.  

 

Le comité local DLR 

Les vivants et les morts, la saga commence bientôt

22/09/2010 21:29 par dlr14ème_62

  • Les vivants et les morts, la saga commence bientôt

    Les vivants et les morts, la saga commence bientôt

    22/09/2010 21:29 par dlr14ème_62

La saga "les vivants et les morts" tirée du roman de Gérard Mordillat sera diffusée à partir de mercredi 6 octobre sur France 2 à 20h35. Nous rappelons à ceux qui l'auraient oublié, que de nombreuses scènes de cette série furent tournées sur Hénin - Beaumont. A voir donc, ne serait -ce que pour le plaisir d'y reconnaître les lieux qui nous entourent quotidiennement.

Le comité local

Une autre Europe : pourquoi ?

22/09/2010 17:20 par dlr14ème_62

  • Une autre Europe : pourquoi ?

    Une autre Europe : pourquoi ?

    22/09/2010 17:20 par dlr14ème_62

 

Un débat s’est engagé au sein de la blogosphère alternative et républicaine sur la manière dont la France peut reprendre son destin en mains, notamment vis-à-vis de l’Europe. Malakine et Yann ont trouvé les dernières propositions de Jacques Sapir un peu timides. Voici ma contribution.
J’avais initialement prévu de traiter du comment réformer l’Europe, mais, au final, j’ai trouvé difficile de parler du moyen de changer l’Europe sans expliquer ma vision et donc in fine de mon analyse des carences de l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui, mais aussi de son utilité. C’est pour cela que je vais traiter le sujet en plusieurs articles qui seront donc publiés sur quelques jours.
Une Europe anti-démocratique
Le premier problème posé par l’Europe est une tendance peu démocratique, récemment illustrée par le refus de prendre en compte le vote de la France et des Pays-Bas sur le TCE : à quoi servait-il de faire voter les peuples si c’était pour ignorer leur vote par la suite ? Pire, cette tendance se retrouve dans la construction institutionnelle de l’Union Européenne qui donne de très larges pouvoirs à des organisations technocratiques très indépendantes : la Commission et la BCE.
Globalement, transpire de cette construction européenne le sentiment que les élites savent bien ce qu’il faut faire et que le peuple est trop bête pour comprendre ces questions et qu’au final, il n’est pas mauvais d’isoler de plus en plus de décisions des bas instincts populaires. C’est ainsi qu’une même majorité domine le parlement européen depuis 1979, unissant sociaux-démocrates et démocrates-chrétiens dans une organisation que l’on pourrait qualifier au mieux de post démocratique.
Une Europe fédéraliste
En outre, l’embryon d’état européen ne cesse de vouloir dépecer l’autorité et les pouvoirs des Etats-nations, les seuls encore à même de remettre en question la montée en puissance de cet échelon européen supranational, comme l’illustrent les velléités de mise sous tutelle des budgets. Parallèlement, l’Europe semble intéressée par l’émancipation des régions. Il faut dire que ce ne sont pas les régions qui pourraient demain remettre en cause les autorités européennes…
Plus globalement, si le débat entre construction confédérale ou fédérale n’a pas été clairement tranché, la construction de l’Europe incorpore de plus en plus d’éléments fédéralistes. Et cela limite de plus en plus la capacité d’action des Etats, qui apparaissent de plus en plus impuissants, renforçant alors la tentation fédéraliste… Il est parfaitement anormal qu’un débat clair n’ait pas été mené sur cette question pourtant fondamentale et que seuls les peuples sont aptes à trancher.
Une Europe néolibérale
Enfin, tout ce petit monde se rejoint la plupart du temps pour promouvoir un agenda volontiers néolibéral qui a abouti à une déréglementation générale (commerce, monnaie, services publics…) depuis vingt cinq ans. D’ailleurs, pour bien éviter que les peuples ne puissent pas remettre en cause les politiques ainsi décidées, les traités sont truffés d’un agenda politique à sens unique, évitant toute remise en question trop profonde, alors que ces traités devraient se limiter à des questions institutionnelles.
Même si les résultats économiques de l’Europe étaient excellents, la voie que nous prenons depuis vingt cinq ans n’est pas acceptable. Les Etats ne devraient pas se voir imposer de libéraliser certains services publics, au mépris du choix des peuples lors des élections nationales. Et le pire est que cet agenda a provoqué des résultats désastreux puisque l’Europe est en panne de croissance depuis dix ans, qu’un chômage de masse subsiste en partie du fait d’une désindustrialisation accélérée.
Le bilan de l’Europe de l’Acte Unique au traité de Lisbonne est catastrophique : anti-démocratique, fédéraliste, et dogmatiquement néolibérale. Mais est-ce à dire qu’il faut oublier toute idée d’Europe. Est-ce l’idée d’Europe qui est viciée ou seulement son exécution actuelle ?
Laurent Pinsolle